le plaisir comme un repère

Dans la sexualité et au-delà, le plaisir est un état émotionnel agréable d’intensité, de durée, et de localisation variable. Il peut prendre plusieurs formes comme par exemple :

Plaisir sexuel : associé à la satisfaction physique et / ou psychologique découlant d’expériences érotiques partagées ou solitaires avec ce « pic » de plaisir appelé l’orgasme, plutôt localisé.

Plaisir mental : lié à l’imaginaire, aux fantasmes, à la créativité érotique 

Plaisir sensoriel :  qui découle des 5 sens, de l’état d’excitation physique

Plaisir relationnel : plaisir de donner du plaisir, de désirer et de se sentir désiré…. 

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Le plaisir est un indicateur de bien-être.

Simple mais pas tant que cela en fait. Il arrive que des couples souvent pris dans des habitudes oublient que le plaisir se trouve à différents moments de la relation sexuelle  ou bien pensent que tout est fichu  quand il n’est pas simultané.

En sexologie, on utilise des termes un peu techniques pour mieux répondre aux préoccupations liées à l’absence de plaisir dans les relations voire la présence de douleurs qui apparaissent discrètement, s’installent et perdurent au point que certains les pensent comme une fatalité pour finir par tirer une croix sur leur vie sexuelle. On parle de troubles du plaisir dans des problématiques en rapport avec l’excitation, l’éjaculation, l’orgasme, la douleur génito-pelvienne. L’absence de plaisir entraîne : la frustration, le stress, l’anxiété, des comportements compulsifs lorsque le plaisir ne vient pas ou ne vient plus et par là-même, la baisse du désir. Le plaisir est lié au désir. La présence de douleurs pendant les rapports génère par la suite la peur d’avoir mal, l’évitement des rapports, la baisse de désir et ainsi de suite. Comme un cercle vicieux. Jusqu’à en oublier que le plaisir existe ? 

C’était le petit moment technique de l’article, par lequel aussi on passe en consultations pour comprendre, comme une petite parenthèse pragmatique dans ce vaste océan énigmatique que représente l’aventure sexuelle de toute une vie.

Je dis repère comme ce pourrait être une balise éclairante sur ce qui est source de plaisir pour chacune et chacun à garder en vue. Au quotidien, pris dans les habitudes et les routines, le manque de temps à soi et autres charges mentales, le plaisir en vient à être mis de côté au point qu’on ne sache plus ce qui nous fait vraiment plaisir. En  reprenant contact avec le plaisir individuel de chacun et chacune , lié au désir et à ses propres valeurs on apprend à définir ou redéfinir son propre repère et voir où on se situe par rapport à ce repère : le voit t-on ? le reconnait-on ? comment est-il ? , nous accompagne-t-il ? Vraiment.

Avoir conscience de ce qui nous fait du bien, et comment cela nous fait du bien dans la sexualité est une piste parmi d’autres à explorer. A chacune et chacun de pouvoir placer son curseur sur l’échelle du plaisir : de son antipode, la douleur, en passant par le déplaisir, du désagréable à l’agréable, puis à l’excitant, la jouissance, la volupté, l’exaltation pour ne citer que ces niveaux.

Ce qui est plaisant, ce qui est agréable sans connotation sexuelle c’est aussi cela le plaisir. Et le plaisir dans tous les domaines à toute sa place dans les consultations de sexologie.