Une année d’ateliers philo

Quand les enfants choisissent de prendre un moment pour réfléchir ensemble

Dans les écoles qui m’ont accueillie, des petits groupes d’enfants de 7 à 11 ans se formaient pour assister aux « ateliers philosophie et pratique de l’attention ». Sans trop savoir de quoi il s’agissait vraiment, ils avaient pris soin d’assister à un premier atelier découverte avant de dire si oui ou non, ils s’engageaient pour 6 autres séances.

A l’heure où leurs camarades jouaient dans la cour de récré, les petits philosophes venaient s’installer, souvent enthousiastes, parfois hésitants et toujours curieux de ce qui allait se passer.

Et les idées reçues sur ce que pouvaient être ces ateliers se confrontaient à la réalité.

« C’est trop intellectuel »

Certes, animer un atelier philo nécessite de la rigueur intellectuelle. Et heureusement qu’on en passe par de la rigueur sinon on pourrait vite glisser vers une discussion déstructurée qui ne permet pas la réflexion philosophique, cette dernière même qui suscite de l’intérêt chez les enfants tant ils se posent de questions sans pour autant qu’ils soient qualifiés d’ « intellectuels ». C’est juste que leur quête de sens amène les questions qui s’imposent naturellement.

Et d’ailleurs, une confusion se fait parfois entre intellect et intelligences.

Je dirais que c’est intellectuel oui, et à la fois très accessible. Et je dirais même que c’est lorsque, petit à petit, au fil des séances, ils se voient progresser pour exprimer leur créativité intellectuelle que les enfants en retirent beaucoup de satisfaction. Et quel que soit leur niveau de langage.

« ce n’est pas assez dynamique pour des enfants qui ont besoin de se dépenser ».

Certes, on ne passe pas le temps de l’atelier à courir ni sauter ni crier mais l’atelier revêt un aspect ludique lorsqu’il s’agit de faire connaissance, ou bien lorsqu’il s’agit pour les enfants de prendre un rôle (président, secrétaire, dessinateur …) et de faire l’expérience de ce rôle dans un séance.

Et puis aussi il y a ces moments où chacun, s’il le souhaite, est invité à prendre un temps où il peut se concentrer en silence sur son état intérieur de l’instant sans prêter attention aux multiples sollicitations extérieures. C’est une pause attentionnelle à soi qui n’est obligatoire pour personne mais que les enfants redemandent en général à chaque séance. Et quand il arrive au début que certains s’endorment parfois très rapidement, je leur dis tout simplement « c’est probablement que tu dois être fatigué en ce moment, qu’en penses-tu ? ». Et le stress de s’être faits surprendre par le sommeil soudain, s’estompe.

A l’heure où les enfants sont soumis à de multiples stimulations extérieures répétées, visuelles, sonores, ces pauses attentionnelles sont bienfaisantes.

Enfin, pour simplifier, pour les motiver avant l’aventure, je leur disais qu’on allait faire de nouvelles expériences. Croyant ce qu’ils en croyaient, et moi, pensant ce que j’en pensais, c’était effectivement pour eux des nouvelles expériences, et pour moi l’occasion d’être témoin d’instants mémorables de l’expression des sensibilités.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le fonctionnement des ateliers philo et pratique de l’attention que je propose, rendez-vous sur la page https://pleine-coexistence.com/ateliers-ressources/ de mon site.

Sylvie